Littérature étrangère
Douglas Stuart
John, fils de John
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Douglas Stuart
John, fils de John
Traduit de l'anglais (Écosse) par Charles Bonnot
Globe
26/08/2026
448 pages, 24 €
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Chronique de
Marie Michaud
Librairie Gibert Joseph (Poitiers) - ❤ Lu et conseillé par 25 libraire(s)
✒ Marie Michaud
(Librairie Gibert Joseph, Poitiers)
Vous avez aimé Shuggie Bain et Mungo ? Vous allez adorer John, fils de John. Une nouvelle fois, Douglas Stuart nous immerge dans une famille et une communauté où la complexité est à deviner derrière les apparences.
Après avoir situé ses deux premiers romans dans un quartier socialement défavorisé de Glasgow, Douglas Stuart installe ses personnages à l’écart du monde, sur l’île de Harris, dans les Hébrides extérieures. John, le père, est un éleveur de moutons et un tisserand, dont la vie repose sur la prière autant que sur le travail. John-Calum dit Cal, le fils, revient sur l’île après des études à Édimbourg qui ne lui ont pas permis de trouver du travail. Ella, sa grand-mère plutôt fantasque et libre, venue de Glasgow avant la naissance de sa fille, œuvre à faire tenir les deux hommes ensemble. Si le père semble tout entier dédié aux règles très rigides de l’Église presbytérienne, il n’en est pas moins ébranlé par un profond chaos intérieur qui lui rend insupportable le caractère tonitruant, provocateur et à fleur de peau de son fils. Si chacun des personnages tente de sauver les apparences, tous ont des secrets sur lesquels leurs vies se sont construites et qui, s’ils venaient à être révélés, feraient voler en éclats le fragile équilibre de la famille et sa place dans la communauté. Le décor sublime et rude de l’île est le reflet de l’intériorité des personnages (complexes, troublés, attachants) et des liens qui les unissent. Douglas Stuart livre un chef-d’œuvre qui ne tient pas sur la révélation des secrets mais sur la manière dont les personnages doivent vivre avec. Entre drames, espoirs, fuites et retrouvailles, toute la palette des émotions – du déchirement mortifère à la joie pure en passant par la violence débordante – va animer ceux qui habitent ce petit coin du monde. Partir ou rester, être ou devenir, garder ou partager, s’acharner ou pardonner : la frontière est parfois bien plus mince qu’il n’y paraît, toutes choses étant étroitement entrelacées comme les fils de tweed aux nuances subtiles que tissent tour à tour John et Cal.