Chronique Vera Kaplan de Laurent Sagalovitsch

Vera Kaplan était une toute jeune fille en 1944. Elle était juive et vivait à Berlin avec ses parents… Elle survécut en dénonçant des Juifs. Leur mort contre sa vie.

La vie de Vera, son petit-fils n’en connaissait rien jusqu’à ce qu’il reçoive le courrier d’un notaire allemand. En tant qu’exécuteur testamentaire de la vieille dame, il a retrouvé la trace de sa seule famille pour lui transmettre un héritage dont l’essentiel tient en quelques pages sur deux carnets écrits à plus de cinquante ans d’écart : le journal intime de Vera en 1944, et un cahier écrit quelques jours avant son suicide. Si, sur le vif, elle évoquait ses angoisses, les affres de sa conscience devant la proposition qui lui était faite de trahir les siens pour sauver sa famille, puis la réalisation de son odieuse « mission », a posteriori, après avoir purgé une peine de prison et s’être vu retirer sa fille, c’est une justification sans tabous à laquelle elle se livre pour expliquer ce que furent la résistance ou la résignation pour les Juifs de cette époque. Grâce à une construction très habile et une écriture au cordeau, Laurent Sagalovitsch bouscule les lecteurs, dont certains resteront abasourdis par le récit rétrospectif de Vera ; lequel participe, d’une manière inédite, au travail de mémoire – à l’instar de son narrateur : sans jugement, simplement dans le souci de rendre une part de leur histoire à des hommes et des femmes d’un autre temps.

Marie Michaud Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

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