Chronique L’Autoroute de Luc Lang

  • Luc Lang
  • Coll. «Coll. « La Bleue »»
  • Stock
  • 20/08/2014
  • 144 p., 17 €

Des champs de betteraves à perte de vue, des personnages à la poésie douloureuse échoués à proximité d’une autoroute, des rêves de vies différentes : un grand Luc Lang.

En route vers un emploi saisonnier, Frédéric se retrouve en transit à la gare d’Orchies. Au buffet de la gare, l’attente se prolonge et un étrange couple vient à sa rencontre. Thérèse est aussi plantureuse, volubile et agitée, que Lucien est maigre et taiseux. Non sans une certaine réticence, Frédéric accepte d’être hébergé pour la nuit dans la demeure dont Thérèse a hérité. Il finit par rester et travaille à l’arrachage des betteraves dans les vastes champs alentours, travail abrutissant de vacuité, de bruits et de vibrations. Pendant qu’il conduit des heures durant, il écoute du jazz, rêvant au destin de son oncle Frédéric et à l’amour du saxo qu’il lui a transmis. Mais le seul horizon, dans ces plaines du Nord, c’est l’autoroute au bout des champs, ligne de fuite à la fois vaine et fantasmée, théâtre des rêves perdus quand la vie vous laisse sur le bord de la route. Luc Lang installe un univers presque onirique et des personnages énigmatiques qui nous surprennent jusqu’à la dernière ligne. Un très court roman d’une rare intensité émotionnelle et dramatique, à l’ambiance sombre, portant un regard sans concessions sur une humanité perdue dans la contemplation d’un horizon stérile. Magistral et dérangeant.

Marie Michaud Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

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