Chronique Bleus horizons de Jérôme Garcin

Combien d’écrivains en gestation, de jeunes gens prometteurs et demeurés à jamais inconnus parce que fauchés par la violence et les guerres ? Jean de La Ville de Mirmont était l’un d’eux. Il est « mort pour la France » dès le début de la Première Guerre mondiale. Ami de François Mauriac, il rêvait de voyages qu’il ne fit jamais mais a publié un recueil de poèmes, L’Horizon chimérique (dont certaines pièces ont été mises en musique par Gabriel Fauré), et un roman, Les Dimanches de Jean Dézert, vision ironique d’une certaine jeunesse d’avant la Grande Guerre. Cette vie abrégée, Jérôme Garcin nous la fait découvrir à travers le personnage de Louis Gémon, camarade de tranchée de Jean, qui sacrifie sa vie pour faire connaître l’œuvre de celui à qui il a survécu. Mais Bleus horizons n’est pas seulement le portrait d’un jeune écrivain mort dans la boue du Chemin des Dames. C’est un nouveau maillon de l’œuvre sensible et brillante que construit Jérôme Garcin au fil de ses livres, à travers quelques thèmes récurrents : la révélation de figures oubliées de la littérature, la représentation d’un double fraternel dévoué à faire vivre un absent à travers lui, et la dimension paradoxale des mots et de la littérature, à la fois indispensables et impuissants.

MARIE MICHAUD, Librairie Gibert Joseph, Poitiers

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