Chronique Des vies et des poussières de Louis Chedid

Faites infuser un mélange de fantaisie débridée et de profonde humanité, relevez d’une pincée d’humour noir et vous obtiendrez les nouvelles de Des vies et des poussières.

Un président de la République revisitant un discours d’anthologie, un chien transformant sa promenade du dimanche en fait divers médiatique, un menteur invétéré, un fils psychanalysé, un pétomane superstar et un coq philosophe : tels sont quelques-uns des protagonistes des seize nouvelles ciselées par Louis Chedid dans ce premier recueil pour le moins séduisant. Musicien et parolier de talent, il relève brillamment le défi du texte sans accompagnement, car il sait faire résonner d’histoire en histoire une petite musique toute personnelle, empreinte d’humanité et d’humour noir. Si toutes les nouvelles s’ouvrent sur une sorte de morale qui ne prend son sens véritable qu’à la lumière d’une chute généralement efficace, elles sont moins des leçons de prêt-à-penser que des réflexions sur le monde comme il va (hypocrisie et cynisme de la vie politique et économique, homosexualité, solitude, peur de la mort…) avec – peut-être – l’espoir de nous permettre de le voir d’un œil nouveau et de nous ouvrir à plus de tolérance. Coup de cœur particulier pour « Nom d’un pieu ! » (qui devrait sans tarder devenir le juron à la mode) et sa « langue rastaquouère » pleine de folie et de poésie.

Marie Michaud Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

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