Chronique La Dernière Ligne de Yasmine Ghata

Après Muettes sur le deuil du père (Le Livre de poche, 2011), Yasmine Ghata explore à nouveau, avec La Dernière Ligne, l’huis clos mère/fille, le deuil et l’impérieuse nécessité d’écrire pour vivre.

Dans l’huis clos d’une chambre blanche, deux femmes. Deux romancières. Mère et fille. L’une va mourir, l’autre l’accompagne dans ses derniers jours. Cette attente vers une fin connue d’avance, Suzanne y jette ses mots pour affronter la mort à venir, mais aussi pour se préparer à l’absence, à l’après. Sa mère lui a « transmis cette maladie » : « fuir la réalité au moyen du langage ». Alors Suzanne écrit, évoque son enfance en tête-à-tête avec cette mère solaire, vagabonde en esprit et en mots, dans le village libanais aux origines du roman familial, à la source de toutes les histoires, celles de sa mère comme les siennes. Alors même que la mère disparaît de la réalité, elle se démultiplie pour occuper la place centrale du roman. Pourtant Suzanne en est sûre, quand sa mère sera morte, elle n’écrira plus. Après cette « dernière ligne », elle vivra, c’est tout. Dans son nouveau roman, Yasmine Ghata explore l’absolue fusion entre une mère et sa fille en même temps que l’absolue séparation de la mort, un « ni avec toi, ni sans toi » bouleversant au cœur de l’identité de deux « joueuse[s] de mots et d’images ».

Marie Michaud Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

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