Chronique Des cailloux dans le ventre de Jon Bauer

  • Jon Bauer
  • Traduit de l'anglais (Australie) par Virginie Buhl
  • Coll. «Coll. « La Cosmopolite »»
  • Stock
  • 27/09/2020
  • 368 p., 22 €

Des cailloux dans le ventre est le roman intime et poignant d’une déchirure familiale racontée par un petit garçon de 8 ans. Vingt ans plus tard, l’homme qu’il est devenu prend la parole à son tour.

À 8 ans, le narrateur du premier roman de l’Australien Jon Bauer est un enfant ordinaire. Il a tout pour être heureux : un papa qui lui donne des petits noms affectueux, le laisse monter devant dans la voiture et avec lequel il taille la haie du jardin, et une maman tellement formidable et tellement généreuse qu’elle accueille des enfants placés. C’est beau, c’est courageux, c’est altruiste. Mais c’est surtout absolument insupportable pour son petit garçon, convaincu qu’il n’est pas assez bien pour elle et qu’il n’est pas son fils. Cette conviction procède de la double intention inconsciente d’expliquer ce qu’il vit comme un désamour et de se réapproprier, en tant qu’enfant abandonné, l’attention de la mère d’accueil si attentionnée. Sa souffrance, sa jalousie et sa colère – que sa mère lui reproche comme des marques d’égoïsme – ne font que s’accentuer avec l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille : Robert, 13 ans. C’est peu à peu une rage incoercible qui emplit le cœur du narrateur et le pousse à faire souffrir autant qu’il souffre. Quand il revient vingt ans plus tard dans la maison familiale, c’est pour assister sa mère atteinte d’une tumeur au cerveau en phase terminale. Les retrouvailles avec celle qui est devenue une vieille dame vulnérable et perdue font ressurgir les démons d’un passé que ni l’un ni l’autre n’a pardonné et qui se rejoue pour la dernière fois. Dans le but d’échapper enfin au sentiment tenace d’être « égaré dans les couloirs vides du passé » , le narrateur n’a d’autre choix que d’affronter la vérité.

Ce roman est un véritable coup de poing à l’estomac. Le drame s’y noue inéluctablement au fil des pages et l’alternance des voix narratives et des époques décuple les émotions. C’est finalement le lecteur qui termine sa lecture avec des « cailloux dans le ventre » et avec un regard un peu différent sur l’enfance, la maladie et la vieillesse. Une très belle réussite et un auteur à suivre.

Marie Michaud Librairie Gibert Joseph, Poitiers

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