Chronique La Mélodie familière de la boutique de Sung de Karin Kalisa

Dans les années 1980, la RDA communiste ouvre les bras aux ouvriers vietnamiens fuyant la guerre et ses conséquences. Simple force de travail, ils sont censés ne pas avoir d’histoire(s). À moins que…

Il aura finalement fallu bien peu de choses pour transformer complètement la vie des habitants d’un quartier de Berlin. Tout commence par la nécessité pour Minh d’apporter à l’école un « bien culturel » du Vietnam, dont sa famille est originaire. Mais que reste-t-il de cette culture des origines quand on a tout fait pour essayer de s’intégrer ? C’est Hiên, la grand-mère silencieuse, qui fera exister le Vietnam de son enfance pour son petit-fils, grâce à une vieille marionnette de bois qu’elle chérit comme son enfant et protège comme un vieux parent. Mais ce « spectacle » qui dit sa vie va émouvoir et rendre curieux, qui du tissu de la robe de la vieille dame, qui de la technique ancestrale des marionnettes sur l’eau, qui des passerelles de bois éphémères posées entre les maisons comme des ponts entre les cultures… Peu à peu, c’est tout un quartier qui se met à l’heure vietnamienne et apprend la richesse de la rencontre. Et les Vietnamiens de Berlin ne sont pas les derniers à se nourrir de cette petite révolution qui leur fait (re)découvrir leurs racines. La Mélodie familière de la boutique de Sung est un très joli roman aux personnages attachants, dont l’optimisme sur la richesse du multiculturalisme fait chaud au cœur.

Marie Michaud Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

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