Chronique Dieu n’est même pas mort de Samuel Doux

Une pierre au bord d’une tombe. Pour parvenir à ce geste symbolique, il faudra au narrateur de ce premier roman très réussi 290 pages d’émotions contradictoires qui nous bousculent.

Élias, trentenaire parisien, est contraint de venir à Poitiers pour organiser l’enterrement de sa grand-mère maternelle qui vient de se suicider. Narrateur sincère et parfois violent, il ne masque rien de l’ambivalence de ses sentiments à l’égard de la vieille dame et ne fait pas mystère de son intérêt pour l’héritage qui lui est promis, notamment une bague sertie de diamants qu’il n’a de cesse de chercher dans la maison vide. D’autres voix résonnent dans le roman, comme si la mort de la grand-mère, pivot entre les générations, rendait nécessaire – ou possible – la connaissance de l’histoire familiale. On trouve donc par bribes différents récits enchâssés dans le récit principal, en particulier celui de la mère d’Élias, avec ses envies de liberté et de vie, et celui de l’arrière-grand-père, juif de Pologne qui a transmis à sa fille le remords de n’être pas mort avec sa famille dans les camps nazis. Avec Dieu n’est même pas mort, Samuel Doux livre un premier roman à la structure habile et à l’écriture tenue, qui évoque la manière dont chaque génération porte le poids de souffrances intimes et collectives des générations précédentes, et comment, pour y échapper, il faut peut-être, comme Élias, fuir et refuser d’être un petit-fils comme il faut.

Par Marie Michaud Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

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