Chronique Ainsi parlait mon père de Sami Tchak

Avant de devenir Sami Tchak, il s’appelait Sadamba Tcha-Koura ; avant de lire Malinowski, il fut l’auditeur libre de son père, Salifou le boiteux. Aujourd’hui, leur dialogue renaît.

Au fil des ans, autour de sa forge, dans la cour de la concession familiale, en sarclant les champs, Salifou a délivré sa sagesse, son savoir, sa vision du monde. Son fils s’en est nourri et s’en souvient. Ce fils parti, envolé vers un avenir de livres et de mots, loin, en a fait sa « boussole dans le monde ». Dans son nouveau livre, Ainsi parlait mon père, Sami Tchak choisit de renouer le dialogue interrompu par la mort de son père, « sur les flots du vaste monde (ma voix) » faisant écho aux « leçons de la forge (la voix de mon père) ». Six cents fragments, comme autant de graines de réflexion et de poésie mises en germination pour des esprits curieux, assidus ou volages, qui entendront les voix qui résonnent dans ce texte. Sous la plume de Sami Tchak, on trouve la voix du griot, la pensée du monde contemporain et l’amour de la littérature. Mais surtout le tribut d’un fils à son père, de celui qui « demeure un forgeron, celui qui, avec un matériau humain brut, tente de faire poésie de l’existence ». Avec les ailes de ses mots, l’auteur regarde à la fois vers le passé et vers l’avenir – le fils s’enrichissant du père et le père s’enrichissant du fils – « ainsi, aurons-nous, nous deux, des ailes à nos racines et des racines à nos ailes ».

Marie Michaud Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

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