Littérature étrangère

Ayelet Gundar-Goshen

Réveiller les lions

NULL
illustration

Chronique de Marie Michaud

Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

On avait découvert la sensibilité complexe d’Ayelet Gundar-Goshen avec Une nuit, Markovitch (10/18). On la retrouve dans un roman très contemporain mais tout aussi poignant.

En Israël, aujourd’hui. Ethan Green, brillant neuro-chirurgien, vit heureux avec sa femme Liath et leurs deux petits garçons. Jusqu’à ce que sa vie bascule quand, une nuit, il renverse un homme dans le désert. Descendant de voiture pour lui porter secours, il découvre que l’homme est dans un état désespéré et, paniqué, il prend la fuite. Le lendemain, se présente chez lui une femme, érythréenne, très belle, celle de l’homme qu’il a renversé : Sirkitt. Témoin de l’accident, elle lui demande de la rejoindre dans un lieu isolé pour lui parler. Pensant à un « simple » chantage, Ethan apporte de l’argent mais ce qu’elle lui demande est bien différent. Nuit après nuit, il va devenir le médecin secret d’une cohorte d’immigrés clandestins, maltraités, niés par la société, qui jusque-là étaient aussi invisibles pour lui. Obligé de mentir à sa femme, cette double vie risque de lui coûter cher, d’autant que, peu à peu, la haine qu’il porte à Sirkitt se transforme en autre chose. Réveiller les lions fait partie de ces romans dont les images nous hantent après les avoir refermés, un roman sur le courage et la lâcheté véritables, sur le hasard, sur les choix dont on saisit ou non les conséquences, sur le Bien et le Mal, pas toujours si faciles à discerner.

Les autres chroniques du libraire