Chronique La Peinture des Lumières de Tzvetan Todorov

Poursuivant une réflexion entamée dans Éloge du quotidien et Éloge de l’individu, Tzvetan Todorov interroge à présent les rapports entre évolution de la pensée et évolution de la peinture au xviiie siècle. S’il s’était déjà penché sur l’œuvre de Goya, il élargit ici son champ d’étude à l’ensemble des peintres de la période, portant une attention particulière à Watteau, Magnasco et Hogarth. À travers une centaine d’œuvres, il démontre que la peinture des Lumières se caractérise par l’équilibre – fragile – entre naturalisme, subjectivité, universalisation et intransitivité, car, en peignant la réalité qui les entoure, les peintres d’alors n’ont d’autre objectif que la représentation de ce qui est. Même si, bien sûr, « ce qui est » n’échappe pas à la perception forcément subjective de l’artiste, qui rejette toutefois dorénavant toute symbolisation du sujet. Todorov réussit une fois de plus le tour de force de rendre sa brillante pensée accessible. Avec lui, on comprend (presque) tout de la résonance entre l’esprit des Lumières et la peinture de ce temps.

MARIE MICHAUD, Librairie Gibert Joseph, Poitiers

Les autres chroniques du libraire

À VOS MARQUES, PRÊTS, LISEZ !

Panne d'inspiration ?

Nos libraires vous conseillent à domicile
tous les vendredis pour vous et vos enfants

Je veux recevoir 6 idées lectures pour moi et ma famille

@