Littérature étrangère

Yishaï Sarid

Le Monstre de la mémoire

Chronique de Marie Michaud

Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

Alors que le narrateur rêvait d’une vie tranquille d’historien des temps anciens car « tout y est déjà scellé, définitif et immuable », les hasards de la vie l’emportent inéluctablement vers le « torrent déchaîné » de l’histoire contemporaine. Devenu spécialiste des méthodes d’extermination dans les camps de la mort, il accepte de guider les lycéens lors des nombreux « voyages de la mémoire » autour d’Auschwitz, Treblinka, Belzec ou Sobibor. Peu à peu, la célébration aussi démonstrative qu’éphémère des jeunes visiteurs creuse en lui un gouffre de questions, notamment sur l’héritage de la violence qui menace de lui faire perdre toute sa distance universitaire. Comme tout ce qui touche à Israël et aux effroyables heures précédant sa création, Le Monstre de la mémoire est un roman éminemment politique, en rupture avec le traitement convenu du devoir de mémoire, tourné vers les risques liés à sa mise en scène et à sa manipulation.

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