Dossier Protest ! de Collectif

En 1830, Delacroix peignait La liberté guidant le peuple, symbole de la revendication d’un peuple du droit à disposer de lui-même. C’est cette lutte qu’illustrent les photos de Protest ! et c’est ce droit qui fonde la République.

Les dizaines de photos prises depuis 1945 et présentées dans Protest ! nous placent au cœur de l’Histoire en action. Qu’il s’agisse d’un fragile rameau d’oliviers brandi à un check-point de Gaza, d’un homme seul face aux chars sur la place Tiananmen ou d’un manifestant ensanglanté en prière sur la place Tahrir, ces images témoignent d’un combat pour la liberté sans cesse recommencé. Ce livre est avant tout un hommage aux hommes et aux femmes qui ont eu un jour le courage de se lever et de lutter ensemble pour faire valoir leurs droits, pour que « les populations [puissent] descendre dans la rue, défier l’État et rester en vie », sans juger les moyens de ce combat, du printemps de Prague aux Black Panthers, des mères de la place de Mai en Argentine aux révolutions arabes. Mais il s’agit aussi de célébrer le courageux travail des photographes de presse qui ont saisi la contestation, l’insurrection et la révolution dans toute leur puissance, au point que leurs images sont parfois devenues de véritables icônes. Des photos, il y en a aussi beaucoup dans République . Celles de Gérard Rondeau, témoin mais surtout artiste aux images pleines de poésie. C’est un très beau projet que celui qu’il porte avec la journaliste Raphaëlle Bacqué : donner une vision iconoclaste de la République française à travers « des réminiscences et des coq-à-l’âne. De l’éclectisme. Du vrai. Car il n’y a rien de plus universel que les souvenirs intimes de chacun lorsqu’on peut en transmettre les couleurs et les émotions. » Ainsi, sont évoqués dans cette « République buissonnière » les chasses présidentielles, la fierté des mineurs de Lorraine ou le pyjama de Paul Deschanel, toutes choses qui, justement par leur décalage avec le discours habituel, donnent une vision nouvelle de cette République que l’on ne peut critiquer que parce qu’on a la chance qu’elle existe. Mais ni la vie ni la République ne sont figées plus d’un instant dans le viseur d’un appareil photo, et partout la lutte continue.

Par Marie Michaud, Librairie Gibert Joseph, Poitiers

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