Dossier Romans, récits et nouvelles, t. 2 de Jack London

  • Jack London
  • Traduction collective de l’anglais (États-Unis)
  • Coll. «Coll. « Bibliothèque de la Pléiade »»
  • Gallimard
  • 13/10/2016
  • 1616 p., 55 €

Un écrivain populaire incarnant l’esprit d’aventure : telle semble être l’idée que le grand public se fait de Jack London. Le centenaire de sa mort et son entrée dans la « Bibliothèque de la Pléiade » sont l’occasion de dépasser cette image d’Épinal et de (re)découvrir ses textes majeurs dans de nouvelles traductions

« La meilleure histoire que Jack London ait jamais écrite est l’histoire qu’il a vécue » : c’est sur ces mots d’Alfred Kazin, grand critique américain, que s’ouvre l’édition en Pléiade des œuvres de Jack London. Si Philippe Jaworski, directeur de publication des deux volumes que la prestigieuse collection de la maison Gallimard consacre à l’auteur de Martin Eden, a choisi d’ouvrir ainsi sa préface, c’est qu’on a coutume de mettre en perspective l’œuvre et la vie de London, soulignant les nombreux aspects autobiographiques de ses livres. Il faut dire que sa courte existence – il est mort à 40 ans – a été « dense et multiple, menée à un train d’enfer […] comme autant de chapitres d’un roman sensationnel ». Pourtant, l’équipe réunie autour de P. Jaworski s’est attachée à revenir à la littérature, à repartir des textes pour offrir au public français une nouvelle approche des « classiques » de London. Pour constituer les deux tomes de Romans, récits et nouvelles, il a fallu opérer des choix dans cette œuvre considérable et éclectique. Bien sûr, on retrouve les œuvres majeures, comme L’Appel du monde sauvage, Le Peuple de l’abîme, Le Loup des mers, Croc-Blanc, Le Talon de fer ou Martin Eden, mais aussi quarante-sept des 200 nouvelles publiées par London, parmi lesquelles « Une odyssée du Grand Nord », « L’amour de la vie », « Construire un feu » ou « Un fils du soleil ». Cette entreprise de redécouverte de l’auteur n’est pas sans précédents (citons notamment le travail de Francis Lacassin dans les années 1970), mais peut-être sans équivalent dans son ampleur et son exigence. Outre la publication de la Pléiade, le dernier grand projet de réédition contemporain de l’œuvre de London est celui des éditions Libretto. Il s’achève lui aussi en cette année du centenaire de la disparition de l’auteur avec une traduction entièrement nouvelle de Croc-Blanc par Stéphane Roques. Depuis 1999, c’est à une « véritable remise en perspective d’une production qui jusque-là était à tort cantonnée à la littérature jeunesse » que s’est attachée la maison, publiant trente-neuf livres de London (romans, récits et recueils de nouvelles), mais également la première biographie en français de l’auteur, ainsi qu’un beau livre reprenant plus de 10 000 photos prises au gré de ses aventures. Un véritable engagement et un pari pour la maison d’édition autour d’« une œuvre épatante qui, cent ans après sa mort, nous donne un formidable appétit de vivre ». Essentiellement autodidacte, ouvrier de l’écriture (mille mots par jour, six jours par semaine) avant d’être un géant de la littérature, Jack London écrivait dans John Barleycorn : « Je menais une vie intrépide et débridée, je vivais les aventures racontées dans les livres que j’avais lus ». Le livre comme origine et aboutissement d’une vie hors du commun, ouverte vers les lointains, en quête de liberté… Une œuvre portée par la « vitalité de son imagination au travail, aussi rétive que lui au dressage et à l’obéissance ». Et, en guise de conclusion, les premiers mots de London à avoir été publiés en 1899 : « Allez, vas-y. »

Marie MICHAUD (Gibert Joseph - 86000 Poitiers)

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