Littérature étrangère
Sara Stridsberg
Adieu, Panic Beach
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Sara Stridsberg
Adieu, Panic Beach
Traduit du suédois par Marianne Ségol-Samoy
Grasset
26/08/2026
448 pages, 25 €
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Chronique de
Stanislas Rigot
Librairie Lamartine (Paris) -
❤ Lu et conseillé par
3 libraire(s)
- Linda Pommereul de Le Failler (Rennes)
- Stanislas Rigot de Lamartine (Paris)
- Bertrand Lesausse de Coiffard (Nantes)
✒ Stanislas Rigot
(Librairie Lamartine, Paris)
Tout aussi brillant que crépusculaire, Adieu, Panic Beach est un roman puzzle qui reconstitue l’histoire de la famille Stjarne questionnant avec force les liens du sang, les malédictions, leur transmission.
« ‒ Parfois j’ai l’impression que c’est la fin.
‒ Je sais mais alors peut-être quelque chose d’autre peut commencer maintenant ?
‒ Comme quoi ?
‒ Je ne sais pas. Ta vie peut-être. »
Nina, désemparée, passe ses journées dans le parc Berzelii au cœur de Stockholm. Elle regarde les gens passer, se dissout dans les journées qui se fondent l’une dans l’autre : sa demi-sœur lui manque tellement. Par bribes, des souvenirs lui reviennent alors, à commencer par ceux des étés passés à Panic Beach, cette plage étonnamment baptisée où, derrière un panneau d’avertissement affichant un crane, se sont retrouvés des familles, des amis recréant une petite communauté estivale, dans le relatif isolement de l’endroit. La focale ne tarde pas à s’élargir et apparaissent les différentes générations, à commencer par celle de l’arrière-grand-mère de Nina, la flamboyante Madame Laura, au début du XXe siècle. Ce qui pourrait apparaître comme un temps d’arrêt pour Nina va se révéler être une véritable dévastation tant la kyrielle de destins cabossés qui composent ses proches semble vouloir l’écraser un peu plus à chaque portrait, la transformant en dépositaire des nombreux maux qui ont traversé les siens, à leur corps plus ou moins défendant. Pourtant, presque paradoxalement, la lumière n’est jamais absente et dans ces folies ordinaires, ces coups du sort, l’élan de vie se manifeste régulièrement, et avec lui l’espoir de lendemains si ce n’est joyeux, du moins apaisés. Plongeant son lecteur dans le marécage de cette famille, Sara Striberg compose avec un talent fou une réflexion sur les culpabilités et les pardons, nos héritages involontaires et ce que nous en faisons. Petit à petit, le livre se dévoile et illumine par sa langue, sa poésie et ses images, dans ces récits croisés qui ne peuvent laisser le lecteur intact.