Chronique Lorsque le dernier arbre de Michael Christie

Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

Et si le grand roman américain de cette rentrée littéraire nous venait du Canada ? Du souffle, de nombreux rebondissements, des personnages mémorables, la petite histoire dans la grande. Tout est là.

Jacinda est guide sur l'île de Greenwood située au large de la Colombie britannique. Avec sa célèbre cathédrale arboricole, elle est un sanctuaire pour l'une des dernières forêts primaires du monde tout autant qu'une destination touristique pour de fortunés amateurs de nature en quête de ressourcement. Nous sommes en 2038 et le monde a vu ses arbres frappés par une terrible épidémie baptisée depuis « Le grand dépérissement » et qui a profondément bouleversé la société ainsi que son organisation. Un jour, Jacinda découvre que le fait qu'elle s'appelle du même nom que l'île ne doit peut-être rien au hasard et que les arbres qui sont sa passion (elle en avait fait l'objet de ses études et le but d'un futur doctorat) sont aussi une partie intégrante de son histoire familiale. Et c'est ainsi que nous allons plonger dans la formidable histoire hors du commun des Greenwood, traversant aux côtés des parents, des grands-parents et des arrières-grands-parents les continents et les décennies, un voyage pour le moins mouvementé, le récit étant tout sauf avare de surprises, de coups du sort et chausse-trappes. Michael Christie se révèle ainsi un redoutable architecte, orchestrant les époques avec une maestria qui ne se révèle que progressivement, chapitre après chapitre, jusqu'à en devenir vertigineuse. Et ce livre qui démarre comme un quasi-roman d'anticipation revêt alors les atours de ces grandes sagas qui emportent leur lecteur, peuplées de personnages d'une rare humanité que l'on adopte au premier paragraphe pour ne les lâcher qu'à regret (voire l'œil humide), réveillant les souvenirs du Fils de Philipp Meyer ou encore ceux de Toute la lumière que nous ne pouvons voir d'Anthony Doerr (Albin Michel et Le Livre de Poche). On a connu plus mauvaises fées penchées au-dessus d'un berceau.

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