Chronique L’Art français de la guerre de Alexis Jenni

Avec ce premier roman, Alexis Jenni s’offre une fracassante entrée en littérature en questionnant la chute de l’Empire colonial français et notre amnésie généralisée. Goncourt 2011. Un choc.

 

Deux générations d’hommes, deux France, séparées par l’Histoire et son oubli, se rencontrent et se découvrent au travers d’une passion commune pour l’art. Le premier, le narrateur, la trentaine désœuvrée, traverse sa vie sans y goûter jusqu’à sa rencontre avec Victor Salagnon, retraité. Celui-ci va lui enseigner les rudiments du dessin à l’encre qu’il pratique depuis des années. Un jour, il lui confie un cahier contenant ses mémoires : adolescent, il est entré dans la Résistance et il a par la suite successivement combattu en Indochine et en Algérie. Le roman alterne alors les scènes d’anthologie sur les différents fronts (les conflits sont magnifiquement représentés dans leur profonde diversité), et les réflexions du narrateur sur l’état de notre société. Progressivement, des liens se tissent entre les différents événements. Bien loin du énième récit de combat burné à la sauce centurion, L’Art français de la guerre est une découverte majeure, la révélation d’un écrivain au style impressionnant, qui rejoint Hédi Kaddour (Waltenberg) et Jonathan Littell (Les Bienveillantes) au panthéon des découvertes de la rentrée littéraire 2011.

 

STANISLAS RIGOT, Librairie Lamartine, Paris

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