Chronique I Cursini de Alix Deniger

Retour gagnant de la « Série Noire » avec ce premier roman, sanglant jeu du chat et de la souris dans une île de Beauté aux prises, encore et toujours, avec ses vieux démons.

Le cursinu, chien corse par excellence, illustre parfaitement le contenu de cet excellent roman policier qui, dans la grande tradition de la « Série Noire » – argot velu et gueules cassées –, nous plonge dans les méandres de la Corse au lendemain de l’assassinat du préfet Érignac. Alors que l’action débute, les nationalistes sont exsangues, à bout d’énergie et de moyens, les voyous pèsent d’un cran supplémentaire sur les affaires locales, et les flics ont toujours autant de mal à retrouver leurs petits au milieu du cirque insulaire. Un homme, François Federici, figure historique des nationalistes devenu politicien, décide de relancer les attentats, ordonnant de nouveaux plasticages et le recours au racket pour obtenir des fonds. Devant les réticences de son équipe, il confie cette tâche à une bande de bras cassés aux motivations plus que terre à terre : il s’agit de sa première mauvaise décision. Elle entraînera tout ce beau monde dans un jeu de dominos funèbre. Alix Deniger est le pseudonyme derrière lequel se cache un ancien flic qui maîtrise parfaitement, non seulement son contexte, à l’instar d’un Caryl Férey plongeant dans un chaos exotique sans jamais se faire didactique, mais aussi le sens du rythme. Ce qui donne à son roman une joyeuse allure de train fantôme.

Par Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

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