Chronique La Langue d’Altmann de Brian Evenson

Recueil de nouvelles à l’horreur magnétique car bien trop humaine, La Langue d’Altmann électrifie et agace, remue et dérange, au risque d’abîmer. Un choc.

Où lire l’histoire tragique et abrégée du barbier d’Auschwitz ? Lorsque Job, revenu d’entre les morts à l’état de zombie, rencontre une femme tronc sur le chemin, que se disent-ils ? Pourquoi tuer Altmann qui m’apporte la paix, alors qu’abattre Horst ne fait qu’ajouter à ma confusion ? À ces questions et à mille autres impliquant, entre autres, un serial killer au démonte-pneu, un gamin apiculteur aux pulsions incestueuses, l’ami de tueurs de chats et quelques fermiers du cru en mal de chasse à l’homme, Brian Evenson répond avec la verve que les lecteurs lui connaissent depuis Inversion ou le cultissime Confrérie des Mutilés : un style unique où s’entrechoquent désespoir et humour noir, violence et poésie. Mais bien loin d’un jeu de massacre et d’une accumulation de clichés horrifiques, bien loin de toute provocation sanguinolente et décoratrice, Evenson s’enfonce au cœur de l’homme, aux confins de ses folies, et contemple avec une effroyable lucidité la vacuité qui menace. Première parution (1994) qui valut à son auteur les compliments de Deleuze et l’opprobre de sa communauté mormone, ce livre réveille les fantômes de Beckett et Kafka en leur fournissant hache et fusil.

Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

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