Chronique Écoute le chant du vent de Haruki Murakami

Les deux premiers romans d’Haruki Murakami, restés
jusqu’à présent inédits en France, paraissent en un volume. Résultat : un nouvel envoûtement du magicien japonais ; et la chance pour son lecteur d’assister à
l’accouchement d’une incroyable carrière.

Il a donc fallu trente-sept années pour qu’Haruki Murakami accepte de laisser traduire ses deux premiers romans, en nous offrant une préface pour l’occasion. Il est à noter que ces deux ouvrages ne sont pas des inédits au sens strict du terme puisqu’ils ont été publiés au Japon respectivement en 1979 et en 1980. De plus, on pourra ajouter qu’ils ont été à l’époque immédiatement remarqués, et qu’ils ont donc réellement contribué à lancer la brillante carrière que l’on connaît à l’auteur aujourd’hui. Mais, malgré ces précautions d’usage, il était tentant de se laisser aller à la perplexité quant à ces tardives traductions. L’attaque de la lecture d’Écoute le chant du vent balaye pareilles préventions en quelques pages, tant l’on retrouve le Murakami, même jeune, même aux prémices de son art, qui en quelques phrases, courtes, d’apparence simples, vous embarque loin avec lui, si loin. De quoi s’agit-il ? Il est toujours difficile de résumer un ouvrage de Murakami. Ceux-là ne font pas exception. Disons que nous allons suivre un narrateur qui boit des bières (beaucoup) et fume des cigarettes (beaucoup aussi). Il est accompagné d’un ami qui tient à ce qu’on l’appelle Le Rat, qui, lui aussi, boit des bières avec le narrateur, et qui va se mettre à lire les grands classiques de la littérature mondiale. Il y aura des causeries au bar et des promenades, de la mélancolie et de la poésie, de la surprise, des accidents et de la beauté, de l’amour et du cœur qui se brise, l’ombre d’un auteur américain. Flipper 1973 voit le narrateur devenu traducteur, vivant avec des jumelles qui, un jour, se sont introduites chez lui. Le Rat réapparaît bientôt dans ces jours rythmés par de micro aventures… à la portée si grande. Et voici Murakami en Fante zen, en Carver aérien, qui se dessine page après page sous les yeux d’un lecteur conquis.

STANISLAS RIGOT, Librairie Lamartine, Paris

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