Chronique Carnets de Homs de Jonathan Littell

Jonathan Littell a passé deux semaines dans le chaudron syrien, 
à Homs, au cœur de l’insurrection, vivant au jour le jour parmi les habitants dans une ville sur le point de se transformer en enfer.


Du 16 janvier au 2 février 2012, Jonathan Littell a séjourné à Homs, épicentre d’une révolte syrienne qui gagnait progressivement en ampleur et en violence. L’auteur ne prétend pas avoir une vision panoramique des choses, il ne cherche pas à livrer une analyse politique, sociale ou culturelle de la situation et encore moins à donner son avis sur ses causes. Cependant, au travers de ce journal de bord, il finit par nous fournir des clefs de lecture qui, malgré l’évolution tragique du soulèvement depuis son passage, n’ont rien perdu de leur pertinence et permettent de mettre à mal quelques clichés sur le contexte syrien. Sans jamais nier la subjectivité de sa perception déterminée par sa présence au milieu des forces rebelles, il parvient à nous emmener au cœur de ce chaos, parfois absurde, toujours violent qui caractérise le « printemps syrien », dressant une incroyable galerie de personnages aux destinées diverses mais au destin commun. Et, bien que le style ne soit pas littéraire – il n’est pas question de roman, il n’est pas non plus question d’essai –, il a, au détour d’un paragraphe, des fulgurances qui nous rappellent l’écrivain qu’il est : « les coups continuent, réguliers. Ça continue comme ça […]. C’est ce temps singulièrement plastique, nerveux de l’attente. »

Par Stanislas Rigot, Librairie Lamartine, Paris 16e


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