Chronique Une douce lueur de malveillance de Dan Chaon

  • Dan Chaon
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hélène Fournier
  • Coll. «Terres d’Amérique»
  • Albin Michel
  • 22/08/2018
  • 450 p., 24.50 €
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Aux confins des genres littéraires, au cœur de l’humain et de ses infinies contradictions, Dan Chaon poursuit une œuvre forte et singulière avec ce vénéneux roman aux allures de dangereux labyrinthe.

Dustin est psychologue à Cleveland. Il a deux fils. Un jour, il apprend que son frère adoptif, Rusty, vient d’être libéré de prison, innocenté. Le passé remonte alors brutalement : trente ans auparavant, ce dernier avait été condamné pour le meurtre des parents de Dustin, ainsi que pour ceux de son oncle et de sa tante. Il fut condamné à perpétuité, principalement sur la foi du témoignage de Dustin, alors pré-adolescent. Parallèlement à cette histoire qui va raviver de nombreux fantômes, Dustin se voit plonger, via un de ses patients, dans une trouble histoire de potentiel serial killer : cet ex-flic est persuadé qu’un certain nombre d’accidents mortels ayant eu lieu dans la région sont des crimes déguisés. Dustin abandonne petit à petit le traitement de son patient pour se lancer dans une étrange enquête. Une douce lueur de malveillance est admirablement construit entre deux époques – la manière dont elles se reflètent l’une sur l’autre donne de formidables résultats –, séquencé (l’influence des séries télévisées semble se faire sentir) avec cette délicieuse ambiguïté d’un récit où les événements s’enchaînent à merveille. Difficile à lâcher dès son entame, ce roman creuse ses personnages, prend le temps de la réflexion, de l’instant et de la mise en scène, veillant à ce que l’efficacité ne nuise pas à la profondeur. À cet égard et à l’instar des précédents romans de Dan Chaon, il se révèle difficile à classer. S’agit-il d’un roman policier ? Par certains aspects oui, mais pas seulement. D’un roman noir, alors ? Oui, mais là encore ce serait restrictif. D’un drame familial ? Oui, mais… et ainsi de suite pour toute une série de catégorie dont on exclura toutefois le feel good book ! Il trouvera en tout cas sa place au rayon des excellentes surprises de la rentrée.

Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

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