Chronique À couteaux tirés de Olen Steinhauer

Fils spirituel de John le Carré et manipulateur hors pair, Olen Steinhauer délivre une variante barbouze du dîner des ex-amants où le moindre faux-pas peut s’avérer mortel.

Henry et Celia se retrouvent autour d’une table, dans un restaurant branché de la petite ville californienne de Camel-by-the-Sea. C’est ici que Celia a refait sa vie il y a maintenant cinq années de cela. Elle s’est mariée, est mère de deux enfants et, visiblement, elle semble s’être parfaitement intégrée à la société bourgeoise de l’endroit. C’est ici qu’aujourd’hui vient la rejoindre Henry, profitant d’un soi-disant voyage d’affaires sur la côte Ouest pour revoir celle qui a été l’amour de sa vie, celle qui l’a abandonné alors qu’ils travaillaient ensemble en Autriche, à Vienne, celle qu’il n’a jamais vraiment oubliée. Mais derrière ce qui pourrait s’apparenter à un repas entre amants sur le retour, se déroule en fait une véritable mise à mort : Clelia travaillait pour la CIA et elle est plus que soupçonnée d’avoir trahi la Compagnie lors d’une prise d’otages ayant viré à la tragédie. Henry vient solder les comptes. Mêlant faux-semblants et zone d’ombre, alternant, avec son habituelle habileté, les points de vue dans un jeu de dupes où la vérité semble toujours ailleurs mais jamais loin d’un canon de revolver, Olen Steinhauer nous régale de cette histoire au parfum plus intimiste que ses précédents romans.

Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

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