Chronique Le Censeur de Clélia Anfray

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Avec Le Censeur, Clélia Anfray offre un régal de roman aux apparentes dorures historiques, qu’un inquiétant jeu d’ombres à l’envoûtant parfum vient délicieusement pervertir.

Charles Brifaut est un auteur de théâtre, membre de l’Académie française. Il est cependant plus connu pour les conditions houleuses de son élection que pour ses actions. Charles est le héros du quatrième roman de Clélia Anfray. Le personnage se trouve à un tournant de sa carrière : attendant un retour du Théâtre-Français sur le manuscrit de sa nouvelle tragédie, il se voit proposer par le pouvoir royal la place de censeur. Nous sommes en 1827 et le théâtre est toujours considéré comme un lieu de subversion possible, potentiellement dangereux pour l’État et le respect des bonnes mœurs. Aussi un comité est chargé de lire les textes des futurs spectacles et de donner son accord, au prix, parfois, d’une modification ici ou là, d’une réplique gommée, d’une fin arrangée… ou d’une interdiction pure et simple. Malgré quelques hésitations, il accepte le poste. Mal lui en prend. Démarrant tel un exercice de style parfaitement maîtrisé, à la langue précise et redoutable, Le Censeur se grippe insidieusement, chapitre après chapitre. Dans un Paris gagné par le Romantisme, le roman finit par entraîner héros et lecteur dans un monde où la réalité ne se trouve peut-être pas là où elle est censée être.

Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

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