Chronique Macbeth, Othello de William Shakespeare, Orson Welles

Carlotta Films publie en cette fin d’année deux éditions somptueusement restaurées des adaptations de Macbeth (1948) et d’Othello (1952, palme d’Or à Cannes) par Orson Welles, films qui, en leur temps, déclenchèrent de sanglantes guerres civiles au sein de la critique, notamment à cause de la radicalité des choix du réalisateur. Mais comme si cela ne suffisait pas, Carlotta ajoute une cerise du genre massif à son gâteau déjà conséquent : un imposant album relié (pas loin de deux kilos) en édition limitée, proposant les deux pièces entièrement retraduites par Patrick Reumaux et illustrées par des photographies tirées des deux films. Le résultat est d’une esthétique remarquable – les photographies s’avèrent des plus magnétiques –, mais pas seulement. En effet, à l’instar d’un Welles refusant une génuflexion convenue devant le Grand Will pour mieux pénétrer le cœur des œuvres, Patrick Reumaux, poète, romancier, traducteur de Dylan Thomas et Emily Dickinson, à l’imposante bibliographie, déclenche les hostilités dès l’avant-propos et offre une traduction acérée, ravivant la crudité d’une langue shakespearienne aux ailes trop souvent rognées. Saisissant !

Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

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