Chronique L'Intrusion de Adam Haslett

  • Adam Haslett
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Laurence Viallet
  • Coll. «Coll. « Folio »»
  • Gallimard
  • 04/11/2011
  • 7.30 €

Révélation américaine de l’année 2010, ce premier roman nous plonge au cœur de la tourmente financière de l’après 11 septembre. Du style, de la pertinence et une histoire aux nombreuses chausse-trappes, en un mot : brillant.

Bienvenue à Finden, petite bourgade accueillante en périphérie de New York, qui voit depuis plusieurs mois la vie de ses habitants profondément bouleversée par l’arrivée de nouveaux riches fuyant, à la suite des attentats du World Trade Center, une ville à leurs yeux désormais bien trop exposée aux risques. À Finden, les voitures se sont donc fort logiquement faites plus nombreuses, plus imposantes et les embouteillages sont devenus monnaie courante, les boutiques ont changé d’offre et de gamme de prix et le tarif des terrains a explosé, le tout à la grande joie des locaux qui n’avaient rien demandé à personne.

Doug Fanning, jeune trader, vient de s’y faire édifier une somptueuse maison avec un objectif qui semble simple, comme il l’a déclaré à son avocat chargé de la construction : « si les voisins ont cinq chambres à coucher, mets-m’en six ». Charlotte Graves, professeur d’histoire à la retraite, ancien pilier de la communauté de Finden et fervente partisane des grandes valeurs traditionnelles américaines voit d’un très mauvais œil l’installation de ce voisin symbolisant toute la vulgarité de l’époque. L’affrontement est inévitable et l’affrontement aura lieu. Mais Doug, originaire de Finden, n’est pas le méchant trader que l’on attendait et Charlotte, qui s’embarque de plus en plus souvent dans des débats politiques sans fin avec ses chiens – qui se permettent de lui répondre – n’a pas non plus le profil d’une victime. Vont intervenir alors successivement Henry, le frère de Charlotte, directeur de la Banque Fédérale américaine, et Nate, adolescent prenant des cours du soir avec cette même Charlotte, qui va rapidement tomber en pâmoison devant Doug.

La scène est dressée, Adam Haslett peut plonger son lecteur dans cette comédie humaine aux multiples rebondissements. Et, tout en creusant chacun de ses personnages avec une acuité rare pour un premier roman, il se permet le luxe de dresser une ample et juste réflexion sur ce mirage financier dans lequel le monde ne cesse de se projeter.

STANISLAS RIGOT, Librairie Lamartine, Paris

Les autres chroniques du libraire

À VOS MARQUES, PRÊTS, LISEZ !

Panne d'inspiration ?

Nos libraires vous conseillent à domicile
tous les vendredis pour vous et vos enfants

Je veux recevoir 6 idées lectures pour moi et ma famille

@