Chronique Le Fils de Philipp Meyer

Dans la plus parfaite tradition d’une certaine littérature américaine, Le Fils utilise le procédé classique de l’imbrication de la grande Histoire et de la petite histoire. Mais Philipp Meyer va tordre cette filiation en jouant d’abord sur les époques : le lecteur découvre successivement l’arrière-grand-père Eli, enlevé à sa famille par les Comanches alors qu’il n’est qu’un jeune garçon et que le Texas n’est qu’un vaste espace blanc sur les cartes officielles ; puis Peter, le fils de celui-ci, qui gère le ranch familial dans l’ombre écrasante de ce père légendaire, au moment où le Texas bascule dans la modernité ; puis Jeanne-Anne, l’arrière-petite-fille d’Eli, qui est à la tête de la puissante société pétrolière des McCullough, alors que des nuages s’amoncelent au-dessus des industries pétrolières américaines. Le récit fait alterner chacune des voix avec une grande finesse, donnant à comprendre les uns et les autres ainsi que les faits historiques selon des points de vue et des temporalités différents.

STANISLAS RIGOT, Librairie Lamartine, Paris

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