Chronique I Love Dick de Chris Kraus

  • Chris Kraus
  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Alice Zeniter
  • Coll. «NULL»
  • Flammarion
  • 24/08/2016
  • 288 p., 20 €
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Détricotant les codes du roman épistolaire, Chris Kraus compose un ovni entre réalité et fiction, devenu au fil du temps un classique américain de la littérature féministe.

Chris Kraus et son compagnon Sylvère Lotringer vont manger à Pasadena, un soir de décembre 1994, avec Dick, ami de Sylvère et critique culturel anglais. Chris est vidéaste expérimentale, Sylvère, professeur d’université. Le trio se retrouve ensuite chez Dick pour finir la soirée, Chris et Sylvère restant dormir là. Le lendemain, la maison semble désertée par son propriétaire. Le couple, surpris, finit par repartir. Mais Chris est persuadée que Dick l’a draguée et qu’ensemble ils ont vécu ce qu’elle définit comme « une baise conceptuelle ». Après en avoir parlé à Sylvère, ils décident d’écrire à Dick, chacun leur tour, mais en faisant lire les lettres à l’autre. Et c’est ainsi que commence l’étrange I Love Dick. Sur la voie d’un absurde trio amoureux et d’une passion qui ne l’est en apparence pas moins, le récit (comment définir ce texte ou chaque personnage est réel et porte son propre nom ?) quitte rapidement ce qui pourrait être le cadre sophistiqué d’une comédie de mœurs plutôt drôle et vengeresse sur le milieu intellectuel américain, pour s’enfoncer dans les méandres des pensées d’une femme à la dérive. Avant de finir par délivrer un saisissant portait des relations homme-femme au prisme de l’art, d’une rare justesse et à la crudité roborative.

Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

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