Chronique Les Oiseaux morts de l’Amérique de Christian Garcin

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Aurélie Janssens Librairie Page et Plume (Limoges)

Dans les cartes postales, il y a toujours un verso, souvent moins lumineux. Christian Garcin fait un pas de côté et nous emmène dans les marges du rêve américain.

Las Vegas, ses lumières, ses casinos, l’argent qui coule à flots. Mais Las Vegas, ce n’est pas Sherwood. Et si l’argent est partout, il n’est surtout pas dans les poches de tous les laissés-pour-compte du rêve américain. Il suffit de s’éloigner pour découvrir toute une population de marginaux vivant à la périphérie, dans des canalisations. Tous ont des chemins de vie cabossés, des rêves ou des espoirs déçus. L’un d’eux, Hoyt Stapelton, n’a jamais quitté les tunnels : de ceux de la guerre du Vietnam à cette canalisation, il a toujours été un « rat ». Comme les deux autres vétérans qui partagent sa canalisation, leur retour, sur le sol américain ne fut pas synonyme d’honneurs, d’une belle vie de famille dans un pavillon de banlieue, drapeau américain sur la pelouse. En plus des horreurs vues, vécues, ils doivent continuer à vivre avec l’absence de reconnaissance, mis au ban d’une société qui ne veut pas voir, qui ne veut pas panser ses blessés. Alors Hoyt a trouvé un subterfuge pour fuir cette réalité qui ne veut pas de lui, il voyage, dans le temps, dans sa tête, imaginant des futurs possibles, revisitant un passé où il reste des secrets à découvrir. Un roman d’une grande poésie pour mettre en lumière ceux qu’on préfère laisser dans l’ombre.

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