Chronique Seul l’assassin est innocent de Julia Székely

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Voilà un roman bien curieux. Publié en 1941, il surprend par sa modernité, son humour, sa noirceur. Entrons dans les secrets d’alcôve d’une maison bourgeoise hongroise.

C’est un peu un jeu de sept familles. Je demande tout d’abord Poupée, jeune fille au caractère bien trempé et au porte-jarretelles mal ajusté, qui fricote avec Pista, le fils du gardien, membre d’un petit groupe de révolutionnaires dont le leader Lajos Bodza vient d’être arrêté. C’est avec le culot de la jeunesse qu’on la retrouve au commissariat essayant de livrer un paquet de denrées à cet ami en garde à vue. Il y aussi Petit, son jeune frère malingre et introverti, observant discrètement les drames de couloir. Ensuite, le père, mari absent. Il fréquente les cercles de jeux jusqu’au jour où il prend conscience qu’il ferait mieux de se faire discret désormais, voire de changer de vie. Pourquoi ne pas aller vivre à la campagne avec sa petite famille ? Puis il y a la mère volage, Magda, qui mène un train de vie dispendieux. Fourrure, parfums, crèmes, amant… soit, la panoplie de la bourgeoise qui refuse de vieillir et ne vit que pour les apparences. L’amant, justement, Robert Gédéon, alimente pécuniairement la passion de cette femme pour le superficiel joyeux. Jusqu’au jour où la comédie de mœurs vire au drame. Un jeu de point de vue et un certain humour rendent moderne ce roman qui n’est pas sans évoquer ceux d’Agatha Christie, Conan Doyle ou encore Edgar Alan Poe.

Aurélie Janssens Librairie Page et plume (Limoges)

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