Chronique Heather, par-dessus tout de Matthew Weiner

  • Matthew Weiner
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Céline Leroy
  • Coll. «Du monde entier»
  • Gallimard
  • 02/11/2017
  • 120 p., 14.50 €
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On connaissait Matthew Weiner pour être le créateur de la série Mad Men, on le découvre aujourd’hui écrivain et son premier roman est un petit bijou de noirceur.

S’il nous avait habitués à mettre en scène des jeunes gens talentueux, riches, audacieux en prise avec les méandres de leur époque et de leurs vies sentimentales troubles, le passage à la littérature est à la fois un prolongement et par bien des aspects assez différent. Au centre du roman, il y a ce couple Karen et Mark. Karen est séduisante, mais elle n’a pas réussi, comme ses camarades de lycée, à trouver tôt son mari. Elle cherchait la perle rare, pas tant du côté de ses qualités que de celui de son portefeuille. Lorsqu’elle rencontre Mark, un homme d’affaires de 40 ans, sans envergure mais suffisamment riche pour acheter un appartement à New York, elle décide de s’en contenter. Assez rapidement arrive une petite fille, Heather, qui devient un enjeu de pouvoir entre les époux. Chacun jouant au parent parfait à tour de rôle. Le ver est dans le fruit. Ce qui devait cimenter le couple le divise. Heather, devenue jeune fille est l’objet de toutes les convoitises. Et lors de travaux dans l’immeuble, un ouvrier semble particulièrement obsédé par elle. Ce que ne manque pas de remarquer son père. Matthew Weiner arrive en très peu de pages à installer un climat de méfiance, de voyeurisme, un jeu pervers dont on sent très rapidement que l’issue sera fatale. Ce premier roman est une friandise noire, très noire !

Aurélie Janssens Librairie Page et Plume (Limoges)

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