Chronique Farallon Islands de Abby Geni

  • Abby Geni
  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Céline Leroy
  • Actes Sud
  • 07/06/2017
  • 384 p., 22.80 €

Les îles Farallon sont un archipel au large de San Francisco. Un petit bout de terre isolé mais loin d’être dépeuplé. En revanche, la faune locale est plutôt hostile. Et je ne parle pas que des animaux !

Ces îles sont les lieux de passage, de reproduction et d’observation d’un grand nombre d’animaux : baleines, requins, éléphants de mer, nombreux oiseaux. Une richesse pour la poignée de biologistes autorisés à vivre là à l’année, dans des conditions pourtant précaires. En effet, l’île ne compte que trois bâtiments : un ancien phare et deux bicoques dont l’une n’est habitée que par des colonies de chauves-souris. Celle où résident les biologistes est étriquée, elle craque au moindre coup de vent, l’intimité y est quasi inexistante, les repas, faute de ravitaillement régulier avec le continent, se réduisent souvent à des pâtes au thon, des biscottes, du thé. Et ce n’est pas le seul inconfort de l’île. Celle-ci, constituée de rochers glissants, pointus, de crevasses et autres pièges, est un terrain de jeux bien dangereux. C’est dans cet environnement hostile que débarque un jour Miranda, une jeune photographe animalière. L’inconfort du lieu est loin de la déranger, elle qui a parcouru le monde, de la jungle au désert. Ce n’est pas non plus quelques histoires de fantômes qui vont l’effrayer. Miranda vit depuis des années avec son propre fantôme : celui de sa mère morte lorsqu’elle avait 14 ans et à qui elle continue d’envoyer des lettres pour lui raconter ce qu’elle y voit mais aussi ce qui l’anime. Ce séjour sur l’île va néanmoins se révéler beaucoup plus dangereux pour la photographe qu’elle ne l’imaginait. Ce premier roman est une réussite absolue. La tension y est palpable dès les premières pages et ne laisse aucune minute de répit. Le genre de roman qui reste, obsède, colle à la peau et aiguise les sens, mêle le trouble de l’intime au grandiose de la Nature. Une chose est sûre, vous n’aurez pas envie de visiter ces îles de sitôt.

Aurélie Janssens Librairie Page et Plume (Limoges)

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