Chronique La Belle Image de Arnaud Rykner

Un homme tente de tuer sa femme après une rupture. Fait divers banal pour la justice et histoire commune à beaucoup de détenus. L’un de ces tueurs amoureux prend un jour la plume pour demander au narrateur de diriger sa thèse en littérature sur les sorties de prison. Celui-ci accepte, sans savoir pourquoi, et le roman épistolaire commence avec le retour du détenu dans la société. Hors des murs de la prison où, en plus d’être privé de liberté, les hommes sont privés de vie, il ne renie pas son crime et ne demande pas à être pardonné. Il souhaite simplement reprendre le cours d’une existence normale. C’est sans compter cette double peine qui ne dit pas son nom. Cette hypocrisie de la société qui, d’un côté, essaie de tout mettre en œuvre pour réinsérer les détenus, mais qui, de l’autre, leur interdit l’accès à de nombreux emplois. Il y a pire, le regard des autres et cette étiquette gravée sur le front : criminel. Sans être à charge, le nouveau roman d’Arnaud Rykner, inspiré de sa propre correspondance avec un détenu, soulève pourtant des questions essentielles sur le jugement et la question de la seconde chance.

Aurélie Janssens Librairie Page et Plume (Limoges)

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