Chronique Contes à rebours de Nick Flynn

  • Nick Flynn
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne-Laure Tissut
  • Coll. «Coll. « Du monde entier »»
  • Gallimard
  • 06/09/2012
  • 336 p., 20.50 €

Par Aurélie Janssens, Librairie Page et Plume (Limoges)

Après le magistral Encore une nuit de merde dans cette ville pourrie paru en 2006, Nick Flynn poursuit ses réflexions sur notre monde de plus en plus sombre et insensé.

Dans ce journal chaotique, les souvenirs se mêlent et viennent éclairer un présent instable ou souligner les craintes face à un futur inquiétant. La question de l’héritage et de la transmission est nodale dans ce livre : quel monde va-t-on transmettre à nos enfants, à l’enfant à naître du narrateur ? Un monde où l’on torture au nom de la justice et de la démocratie ? Un monde où l’on peut être victime un jour, bourreau le lendemain ? Un monde où l’on semble ne jamais se poser les bonnes questions ? Ces interrogations rythment, structurent le récit du narrateur. Une tentative balbutiante mais volontaire de mettre de l’ordre dans cette vie morcelée où, malgré les incertitudes et un passé douloureux (un père absent, retrouvé quelques années plus tard SDF et alcoolique, une mère qui s’est suicidée tôt, junkie, dépressive…), l’envie d’équilibre, de vérité et de justice est la plus forte. Ce livre est cruellement ancré dans notre quotidien, notre réalité, mais jamais dénué d’espoir. Nick Flynn apporte un regard touchant et profondément lucide sur ce monde qui nous entoure, sur son pays, l’Amérique, pays fragmenté, chaotique, en proie aux doutes et aux questionnements, à l’image de ce carnet de bord qu’est Contes à rebours.

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