Chronique Morteparole de Jean Védrines

Des mots qui prennent vie dans une salle de classe, qui se déploient et qui bruissent. Loin des territoires de la mort, c’est un hommage à la langue, c’est-à-dire à la vie, que rend Jean Védrines dans ce roman.

Si Giovan, fils d’immigré italien et personnage de L’Italie la nuit et de La Belle Étoile (Fayard) nous était déjà familier, Morteparole, le nouveau roman de Jean Védrines, offre au lecteur de faire la connaissance de Paul. Les deux hommes sont amis depuis des lustres, depuis qu’ils fréquentaient ensemble les bancs de l’école primaire et qu’ils eurent à définir, chacun de leur côté, son rapport à la langue. Si, pour Giovan, l’exercice relevait plutôt d’une épreuve concrète, assez semblable au domptage, pour Paul, fils d’une institutrice, il s’agissait de maîtriser les élans d’une passion amoureuse… pour des mots prenant vie sous ses yeux. Dès lors, Paul n’a plus eu de cesse de respecter ceux-ci. De leur rendre hommage en composant, notamment, poèmes et textes en prose. Devenu à son tour enseignant, c’est pourtant une tout autre langue, plus technique, plus codée, presque agressive, à laquelle il devra recourir durant sa carrière. Même si les deux amis aux tempes désormais blanches ne se voient plus que de manière épisodique, lorsque Paul doit donner de la voix lors d’une lecture ou d’une cérémonie, il appelle au secours son vieil ami, resté un indéfectible soutien malgré les vicissitudes de l’existence. Dans ce roman, la langue contribue à rendre essentielle chaque parole, chaque pensée des personnages.

Aurélie Janssens Librairie Page et Plume (Limoges)

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