Chronique Si nous vivions dans un endroit normal de Juan Pablo Villalobos

Les politiciens sont tous véreux et les curés manipulent les masses. La révolte est en marche dans ce village perdu du Mexique, mais elle l’est d’abord et surtout chez Oreste.

 

Un père, professeur d’éducation civique, et une mère, attachée à ses fourneaux où elle prépare des « quesadillas du pauvre » pour ses cinq frères, sa sœur et lui. Ce petit monde cohabite tant bien que mal dans une petite maison en haut d’une colline surplombant un village, où il y a « plus de vaches que de gens […] et plus de curés que de vaches ». Tout vole en éclats lorsqu’un vent de révolte balaye le village à la suite d’élections prétendument truquées. Deux des frères d’Oreste disparaissent au supermarché, tandis que des Polonais blonds et gras font construire une maison à côté de chez lui, sans dissimuler leur volonté de s’approprier, à terme, la totalité de la colline. Pour Oreste, ce sont trop de bouleversements d’un seul coup ! Si on ajoute à cela les discours véhéments au langage fleuri de son père, et les larmes quotidiennes de sa mère qui persiste à lui faire croire qu’ils ne sont pas pauvres, on obtient un roman étrange, où se mêlent engagement politique et drôlerie foutraque. Avec ce deuxième roman, Juan Pablo Villalobos confirme son goût pour la fable déjantée. Il dénonce les dérives du monde contemporain dans un style original, avec une ironie glaçante et par le truchement de personnages hauts en couleur.

 

Aurélie JANSSENS (Page et Plume - 87000 Limoges)

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