Chronique Pamela de Samuel Richardson

Aurélie Janssens Librairie Page et Plume (Limoges)

Les classiques reviennent à la mode ! Nouvelles traductions, nouvelles couvertures, adaptation en série, jamais les classiques n’ont été autant d’actualité. Il faut dire qu’ils ont encore beaucoup à nous apprendre. Fort de ce constat, les éditions 10/18 ont choisi de remettre des classiques devenus « mythiques » à l’honneur.

La première fournée de ces classiques, qui se dégustent comme des scones à peine sortis du four, est consacrée au domaine anglo-saxon. Du côté des États-Unis, on retrouve des titres et des auteurs qui analysent avec finesse et psychologie les habitants, les mœurs, les classes sociales comme Edith Wharton dans Été, Nathaniel Hawthorne et sa Lettre écarlate ou encore Ce que savait Maisie de Henry James. Pour le Royaume-Uni, on oscille entre humour (avec Jonathan Swift et ses Instructions aux domestiques suivi des opuscules humoristiques) et sentiments (avec Jane Eyre de Charlotte Brontë et Pamela de Samuel Richardson). Si vous avez, j’en suis sûre, tous frémi de savoir si Jane Eyre allait finir dans les bras de Mr Rochester, connaissez-vous la Pamela de Richardson ? Ce fut un texte majeur du XVIIIe siècle. Publié en 1740, il a influencé de nombreux écrivains comme Diderot pour La Religieuse, Rousseau pour sa Nouvelle Héloïse ou encore Choderlos de Laclos pour ses Liaisons dangereuses. En effet, on trouve de nombreuses similitudes avec ce dernier, notamment la forme épistolaire qui permet une plongée plus juste dans l’âme du narrateur et de ses tourments. Chez Pamela, ce sentiment se trouve d’autant plus renforcé qu’à mesure que le roman avance, les lettres deviennent un journal intime. Et comme chez Choderlos de Laclos, tout y est question ici de vertu ou de vice, c’est selon. Car la condition sine qua non pour reconnaître un bon classique est aussi la quantité d’encre qui a servi à commenter, analyser, critiquer cette œuvre, voire à la pasticher. Modèle de vertu pour les uns au point d’en faire un manuel d’éducation pour les jeunes filles, ou de vice pour les autres qui dénoncent les scènes osées du livre, sa plus célèbre parodie est le Shamela de Fielding. Mais que raconte ce livre qui a tant fait parler ? Pamela d’origine modeste est placée comme fille de chambre chez Mme B., une dame riche et âgée. À la mort de cette dernière, elle apprend que la riche propriétaire a demandé à son fils, par testament, de la garder à son service. Très vite, le maître s’éprend de cette jeune fille d’une rare beauté. Il n’a de cesse d’essayer de lui voler un baiser, des caresses, d’en faire sa maîtresse. Mais Pamela s’accroche à sa vertu, son seul bien lorsqu’on est pauvre, et repousse ses assauts incessants. Je vous laisse découvrir si Pamela aura le destin de Jane Eyre ou celui de Mme de Tourvel, et de ranger à nouveau cette œuvre au rayon des classiques « mythiques » !

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