Chronique À mon corps désirant de Alberto Ruy-Sanchez

Dans la mythique ville-femme de Mogador, le désir et la sensualité se mêlent à la poésie et à la philosophie orientale sous la plume du talentueux auteur mexicain Alberto Ruy-Sánchez.

Ça commence comme une fable. Un jour Zaydoun rend visite au potier de Mogador pour lui demander de confectionner un vase qui contiendrait ses cendres. Quelques jours plus tard, il est assassiné par un mari jaloux se trompant d’amant. À la place du corps on retrouve ce vase qui cache l’étrange histoire de Zaydoun, éveillé très tôt à l’exacerbation des sens, notamment au toucher, à la sensualité, à la sexualité et à la sanctification du corps féminin. Dès lors, on voyage d’un bout à l’autre de la planète, de Mogador au Mexique en passant par la Guyane ou le Japon, entre les récits du potier, conteur héritier d’une lignée de poètes et de sages comme seule la tradition orientale peut en enfanter, rédigeant une sorte de « Kama-Sutra involontaire » qui distillerait dans une prose d’une extraordinaire sensualité la force du plaisir et dirait l’importance du toucher, le rôle de chaque doigt, le pouvoir de la main, cette hamsa , clef de voûte du lien entre écriture, littérature et sexualité. À travers ces récits de vies à la fois simples et profonds, Alberto Ruy-Sánchez tisse une histoire onirique et poétique où les sens sont mis en éveil, où la littérature caresse notre imaginaire comme des doigts effleurant notre peau.

Par Aurélie Janssens, Librairie Page et Plume, Limoges

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