Chronique Dans la tête d’Andrew de E.L. Doctorow

  • E.L. Doctorow
  • Traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne Rabinovitch
  • Coll. «NULL»
  • Actes Sud
  • 02/11/2016
  • 192 p., 21 €
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Le cerveau est un organe fantastique, capable du meilleur (imaginer de très bons romans, par exemple), comme du pire. Et ce n’est pas Andrew qui le démentira.

Mais qui est cet Andrew ? Est-ce l’ami du narrateur ou le narrateur lui-même ? Un habile jeu de pronoms brouille les pistes. Assiste-t-on à une confession, une consultation chez un psychanalyste, un interrogatoire ? Andrew semble avoir eu effectivement beaucoup de malchance au cours de son existence. Il aurait provoqué un accident de voiture lorsqu’il était enfant. Il aurait administré involontairement un médicament mortel à sa première enfant, provoquant la rupture avec sa compagne Martha. Il aurait rencontré une belle étudiante, Briony, fille d’un couple de nains, alors qu’il enseignait les sciences cognitives, sa spécialité, et en serait tombé amoureux. Elle aurait mystérieusement disparu ensuite lors de l’effondrement des tours jumelles le 11 septembre 2001, laissant Andrew seul avec sa seconde fille de quelques mois. Beaucoup de conditionnel, car dans la tête d’Andrew, rien n’est clair. Il y a des voix, des images, des souvenirs qui ne sont peut-être pas les siens. La temporalité se trouble, les événements changent de sens. Et si Doctorow prenait simplement un malin plaisir à se jouer de nos cerveaux ? Un roman fascinant, dont on ne sait s’il s’agit d’une ode ou d’un avertissement sur la création, la capacité de nos esprits à imaginer, quelle qu’en soit la conséquence.

Aurélie Janssens Librairie Page et Plume (Limoges)

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