Chronique Un paradis de SHENG Ke yi

Le paradis : cet Éden où la nourriture serait abondante, l’herbe verte, la compagnie agréable. Celui dont il est question ici ressemble à celui de la Bible, mais du côté de la chute. La femme a succombé au serpent, elle a connu le rapport charnel. Si la nourriture est abondante, c’est pour nourrir ces ventres plus que leur mères. Si l’herbe du jardin est verte, c’est pour offrir un cadre agréable à celles qui sont captives jusqu’à l’accouchement. Ce paradis est une clinique qui recueille des femmes perdues, prostituées, simples d’esprit et louent leur ventre pour porter un enfant qui sera vendu ensuite à des couples aisés. Elles ne sont que des numéros sur un registre, distinguées par des robes de couleur indiquant leur stade de grossesse. Elles tentent d’apaiser la douleur en se donnant entre elles des noms de fruits, doux et juteux. Entre La Servante écarlate et Orange is the New Black (pour le côté carcéral et féministe), ce roman chinois est d’une grande force et d’une grande poésie.

Aurélie Janssens Librairie Page et Plume (Limoges)

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