Chronique Bénédict de Cécile Ladjali

Placé dès le titre en miroir sur la couverture, sous le signe du double, le dernier roman de Cécile Ladjali questionne l’identité à travers le genre, la culture et les origines.

Bénédict Laudes enseigne la littérature comparée une partie de l’année à Lausanne, l’autre à Téhéran. Un dédoublement de poste qui s’accompagne d’une personnalité placée également sous le signe du double. En effet, Bénédict est née d’une mère iranienne et d’un père suisse. Son physique atypique, androgyne, sa façon de dispenser un enseignement volontairement sulfureux, amenant ses étudiants à ouvrir les portes de leur esprit pour découvrir les secrets de la pensée, les émotions, les sensations, derrière les mots, leur pouvoir, leur aspect charnel, font de cet enseignant un mystère qui attise les convoitises. Et notamment celles d’un jeune couple d’étudiants, Angélique et Nadir. Chacun est suivi par Bénédict dans le cadre de ses travaux universitaires, chacun brûle d’obsession, d’une fascination trouble pour cet enseignant. Néanmoins, malgré tous les subterfuges pour se dissimuler, les voiles sur sa personnalité, Bénédict va devoir faire face à ses contradictions. Dans une société qui a du mal à tolérer les zones grises, où l’on nous exhorte sans cesse à choisir un camp, Cécile Ladjali nous montre qu’il existe peut-être un troisième chemin, un chemin de traverse, certes escarpé, certes fastidieux, un chemin de compromis où le double peut se réconcilier pour ne former qu’un.

Aurélie Janssens Librairie Page et Plume (Limoges)

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