Chronique Le Cas Malaussène, t.1 de Daniel Pennac

L’année 2017 commence bien ! Après presque vingt ans d’absence, la famille Malaussène est de retour sous la plume facétieuse, sensible et subtilement piquante d’un Daniel Pennac au meilleur de sa forme. Et bien sûr une nouvelle tempête va s’abattre sur le pauvre Benjamin, qui n’aspire pourtant qu’à la tranquillité.

J’ai rencontré Benjamin Malaussène il y a longtemps et ça a été le coup de foudre. Presque comme le jour où, entre les pages d’Au bonheur des ogres (Folio), Benjamin rencontrait celle qu’il appelait Tante Julia et qui allait devenir sa tendre Julie. De livre en livre, la famille Malaussène – parce que le coup de foudre n’était pas exclusif à la personne de Benjamin mais extensif à l’ensemble de la tribu et de son entourage – m’a amusée, émue, surprise, attendrie mais aussi parfois bousculée par un simple trait placé au détour d’une péripétie et portant à réfléchir sur les aléas de notre monde. Considérant le succès de cette saga haute en couleur (partie du noir pour très vite tourner au feu d’artifice), il y a fort à parier qu’il y a parmi vous d’autres amoureux des personnages de Daniel Pennac et de sa plume virevoltante. Joie pour tous, les Malaussène sont donc de retour dans une nouvelle aventure qui devrait se déployer sur deux volumes : Ils m’ont menti et Leur très grande faute (à paraître). Les années ont aussi passé pour les personnages et la petite Verdun est aujourd’hui juge d’instruction. C’est à elle que sont confiés les dossiers délicats parce qu’elle est d’une intelligence hors pair et que rien ne filtre jamais de son bureau. Et vous souvenez-vous de C’Est Un Ange, le fils de Clara, né dans La Petite Marchande de prose, ou de Maracuja, la fille de Thérèse, née dans Aux fruits de la passion (Folio) ? Et de Monsieur Malaussène, le fils de Benjamin et Julie (et un peu de Gervaise aussi) ? Si ce n’est pas le cas, il est temps de relire les volumes précédents de la saga. Devenus de jeunes adultes, ils vivent leurs vies et skypent avec Benjamin pour le rassurer. Très bien me direz-vous, ils sont tous là, les personnages qu’on a aimés, mais cela ne fait pas une histoire… C’est que, toute à la joie des retrouvailles, j’ai oublié de commencer par le commencement. Georges Lapietà a été enlevé et ses ravisseurs demandent une rançon du montant exact du parachute doré qu’il s’apprêtait à toucher pour avoir licencié 8 302 salariés du groupe Lava. Le rapport avec Benjamin Malaussène ? Aucun. Mais Verdun est en première ligne, chargée depuis longtemps des multiples affaires douteuses de Lapietà. Alors, conformément à sa nature profonde de bouc émissaire, puisqu’un membre de la famille est concerné, inévitablement tout finira par retomber sur Benjamin, d’une manière ou d’une autre. Il n’y a plus qu’à attendre… Alors, pour combler « agréablement » cette « attente », Benjamin doit s’occuper d’Alceste, l’un des auteurs phares des éditions du Talion, chantre absolu de la nouvelle ligne éditoriale de la maison, dont la devise est : « la vérité vraie ». Et si la vérité a un prix, qu’on se le dise, il y a fort à parier que ce soit à Benjamin de payer l’addition. Vous l’aurez compris, Le Cas Malaussène est un bonheur de lecture. Outre la joie de retrouver des personnages que l’on aime, il y a la curiosité pour une nouvelle aventure, l’enthousiasme devant cette incroyable capacité de Daniel Pennac à se renouveler tout en restant le même et, surtout, le plaisir de se plonger dans un bon livre.

Marie Michaud Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

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