Chronique L’Enfant de l’étranger de Alan Hollinghurst

Aujourd’hui couronné par le prix du meilleur roman étranger de l’année, L’Enfant de l’étranger d’Alan Hollinghurst est le chef-d’œuvre souvent espéré dans le flot des parutions, la consécration avec ce troisième livre d’un écrivain aussi rare que précieux. S’appuyant sur une langue à la beauté digne des grands anciens (Henry James), qui réussit l’exploit de ne jamais tomber ni dans le pastiche ni dans la révérence compassée (les influences sont digérées), agencé avec une maestria souvent vertigineuse (sa structure tout en ellipse apporte une dimension ludique surprenante et bienvenue), il chante (le style est porté par une musique d’une rare finesse) les destins définitivement liés par les hasards des rencontres d’un apprenti poète et d’une demeure, appelés chacun à leur manière à devenir, au fil des années, le symbole des profondes mutations d’un pays, l’Angleterre, d’une société et de ses mœurs aux prises avec les tourmentes du xxe siècle. Ce livre enchanteur est une rare leçon d’humanité, délivrée avec un humour (ce qui est assez rare pour être souligné) et une intelligence redoutables. À découvrir de toute urgence.

Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

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