Littérature étrangère
Kim Fu
La Vallée des esprits vengeurs
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Kim Fu
La Vallée des esprits vengeurs
Traduit de l'anglais par Annie Goulet
Héliotrope
04/09/2026
318 pages, 20 €
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Chronique de
Sarah Gastel
Librairie Adrienne (Lyon) -
❤ Lu et conseillé par
6 libraire(s)
- Guillaume Chevalier de Mot à mot (Fontenay-sous-Bois)
- Sarah Gastel de Adrienne (Lyon)
- Audrey Andriot de Jonas (Paris)
- Dolly Choueiri de Des gens qui lisent (Sartrouville)
- Tracy Pradalier de Bibliothèque Germaine Tillion (Paris)
- Quentin Franchi de La Comédie humaine (Avignon)
✒ Sarah Gastel
(Librairie Adrienne, Lyon)
Au cœur d’un récit d’horreur psychologique troublant, l’écrivaine canadienne Kim Fu excelle à mettre sous tension un effondrement intime et environnemental dans un monde ordinaire qui ne cesse de se fissurer.
Imaginez une vallée encerclée de montagnes et entièrement rasée de ses arbres centenaires pour y construire un quartier résidentiel. Imaginez ensuite que dans ce lotissement, seules deux maisons ont été construites, côte à côte. Imaginez encore un lieu austère, aux routes impraticables, au voisinage inexistant, à la connexion internet défaillante. Maintenant vous avez une petite idée de l’endroit où se situe la maison témoin qu’Eleanor, psychologue, vient d’acheter pour honorer les dernières volontés de sa mère tout juste décédée. L’occasion pour elle d’un nouveau départ jusqu'à ce que des pluies torrentielles s’abattent sur la région. Très vite, l’eau s’infiltre dangereusement dans l’habitation, laissant entrevoir tous les défauts de construction de l’habitation. Et alors que les experts en sinistre et assurance se succèdent, que le déluge brouille la frontière entre réalité et illusion et que le fantôme de sa mère qui a régenté toute sa vie apparaît, Eleanor est progressivement envahie par la peur. Une peur presque animale. À qui demander de l’aide ? Avec La Vallée des esprits vengeurs, Kim Fu s’amuse avec les codes de la littérature d’épouvante et le motif de la maison hantée pour conter la descente aux enfers d’une jeune femme rongée par le deuil, la culpabilité et les traumatismes. L’autrice, qui se distingue dans l’art de camper un sentiment tangible de mélancolie, d'humidité et de claustrophobie, livre un roman d’atmosphère singulier explorant l’identité, l'isolement moderne, l'éco-anxiété ou encore la prédation masculine. Ce texte à l’inquiétante étrangeté qui ne cesse de resserrer son étau, brillamment traduit par Annie Goulet aux éditions québécoises Héliotrope, compose aussi une métaphore poignante de l’entrée dans l’âge adulte et ses responsabilités.