Littérature étrangère

Ronit Matalon

De face sur la photo

Chronique de Sarah Gastel

Librairie Terre des livres (Lyon)

En 2012 paraissait en France le dernier roman de l’écrivaine israélienne Ronit Matalon, Le Bruit de nos pas (Stock), qui racontait le départ pour Tel Aviv et l’installation difficile de sa famille juive d’origine égyptienne. Avec De face sur la photo, l’odyssée familiale se poursuit dans son premier roman, enfin traduit, à travers le personnage d’Esther. Expédiée au Cameroun chez son oncle, patron de pêcheries qui est censé lui remettre un peu d’ordre dans la tête, la jeune fille découvre à la fois la vie de ce microcosme qu’est la colonie blanche, et celle des Noirs qui coexistent. Mais c’est avant tout pour la jeune indocile une plongée dans le passé agité des siens, à travers la relecture amusée ou désapprobatrice des photos de famille. Dans ce beau récit constitué de clichés personnels interrogeant l’immigration juive des pays arabes, les rapports entre les communautés séfarades et ashkénazes en Israël, ainsi que l’impérialisme, l’auteure présente une réflexion passionnante sur l’identité et le regard de l’autre.

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