Chronique Souveraine magnifique de Eugène Ébodé

Après La Rose dans le bus jaune (Gallimard, 2013), qui donnait la parole à Rosa Parks, Eugène Ébodé fait de nouveau œuvre de mémoire avec Souveraine magnifique, son huitième roman, témoignage d’une rescapée du génocide rwandais de 1994. Déconcerté par la lecture de l’étonnant verdict d’un procès qui obligeait une jeune femme à cogérer une vache avec le meurtrier de ses parents, le narrateur part au pays des Mille Collines pour tenter de comprendre ce qui a pu mener à pareille situation. Il rencontre Souveraine et sa vache Doliba. Les souvenirs de la survivante, âgée de 8 ans lors de la « saison des raccourcissements », affluent pour raconter l’indicible : les haines gangrenant son pays, la peur, les « moissons de crânes et de jarrets », le massacre de ses parents, la protection d’une famille musulmane, sa fuite au Congo, son exil qui dura quinze ans, puis son retour pour confondre le bourreau de ses proches. La reconstruction sociale du Rwanda est alors interrogée. À la question : « Mais vous, votre avenir, c’est quoi ? », Souveraine répond : « Des pointillés sur une feuille blanche. » Gageons que les mots de l’auteur, « passerelles de prévention et de mémoire », parviennent à opposer un projet de vie à la folie meurtrière.

 

Sarah GASTEL (Terre des livres - 69007 Lyon)

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