Chronique L’Amour après de Marceline Loridan-Ivens

Après Et tu n’es pas revenu (Grasset et Le Livre de Poche), lettre au père déporté, l’écrivaine et cinéaste Marceline Loridan-Ivens, survivante des camps, déploie dans un beau récit son lent retour à la vie.

C’est en ouvrant à quatre-vingt-neuf ans « sa valise d’amour » renfermant lettres, petits mots, notes adressés par les hommes de sa vie, que Marceline Loridan-Ivens exhume ses souvenirs amoureux pour parcourir cette contrée inconnue qu’est l’amour. L’amour après les camps précisément. Comment aimer, être aimée, désirer quand on a « tout vu de la mort sans rien connaître de l’amour » ? Quand on se retrouve nue pour la première fois à quinze ans sous l’ordre et le regard méprisant d’un nazi ? Au fil de ces fragments retrouvés provoquant des confidences, l’écrivaine, « fille de Birkenau », raconte sa progressive réconciliation avec son corps, entre la jeune fille et la rescapée, les pulsions de vie et de mort. On la découvre aussi dans les années 1950 à Saint-Germain-des-Prés promenant sa chevelure rousse et amoureuse, éconduisant Georges Perec et d’autres prétendants. Il y sera aussi question de sa désillusion du mariage, de son anticonformisme, et de sa rencontre avec le grand amour de sa vie, le cinéaste Joris Ivens. De ses mots solaires, éclatants de jeunesse et lucides, Marceline Loridan-Ivens, émouvante et étonnante, donne à voir une vie en mouvement, profondément libre.

Sarah Gastel Librairie Terre des livres (Lyon)

Les autres chroniques du libraire

À VOS MARQUES, PRÊTS, LISEZ !

Panne d'inspiration ?

Nos libraires vous conseillent à domicile
tous les vendredis pour vous et vos enfants

Je veux recevoir 6 idées lectures pour moi et ma famille

@