Chronique Coconut de Kopano Matlwa

  • Kopano Matlwa
  • Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Georges Lory
  • Coll. «NULL»
  • Actes Sud
  • 06/05/2015
  • 208 p., 21 €
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« Et toi, Fikile, que veux-tu devenir quand tu seras grande ? – Blanche, madame Zola. Je veux devenir blanche. – Mais pourquoi voudrais-tu faire cela, ma petite ? – Parce que c’est mieux. »

Ofilwe est une jeune fille de bonne famille. Elle fait des études, habite avec ses parents et son frère dans un lotissement sécurisé 24 h sur 24 h, le Little Valley Country Estate. Fikile vit dans un township avec son oncle, garde de sécurité. Ayant quitté le lycée sur un coup de tête, elle est serveuse au Silver Spoon. Tout les oppose mais elles ont un point en commun : ce sont toutes deux des coconuts, « des gosses noires dehors et blanches dedans ». Nées en Afrique du Sud après l’apartheid, où les vieux ressentiments demeurent, ces deux jeunes filles cherchent leur place et se débattent avec leur identité. Elles parlent l’anglais, langue de la télévision et du succès, et se sentent spéciales. Craignant de voir leur peau noircir au soleil et méprisant les traditions de leur communauté, le peu d’ambition de l’une, le manque de culture de l’autre, elles espèrent se délivrer de leur condition « noire ». À travers les portraits touchants et sans concession de ces deux gamines, Coconut dresse un beau portrait de la jeunesse sud-africaine et ausculte ses pertes de repères. Mais c’est aussi une variation étonnante sur les thèmes universels que sont la sortie de l’enfance et la fin des illusions.

Sarah Gastel Librairie Terre des Livres (Lyon)

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