Chronique La Petite Communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon

Montréal, 1976. Une gamine est la première gymnaste à obtenir un 10, c’est-à-dire le maximum, aux Jeux olympiques. Les mains acclament et les flashs crépitent. Mais qui se cache derrière cette petite fille au visage concentré et à l’écusson communiste épinglé sur la poitrine ? C’est précisément ce qu’imagine Lola Lafon, qui tente de « redonner la voix à ce film presque muet qu’a été la vie de Nadia C. entre 1969 et 1990 ». Construit autour des moments clefs de sa jeune carrière jusqu’à son exil (les dates, les lieux et les événements sont exacts), ce beau roman offre de nombreuses pistes de réflexion captivantes sur le corps féminin, la difficulté de grandir et de devenir femme, le désir, la liberté, la réalité de la Roumanie gouvernée par Ceausescu, les régimes politiques, la fabrication d’un symbole et d’un discours. Le roman, et c’est sa grande force, n’assène aucune vérité, mais s’emploie inlassablement à nous confronter à nos préjugés. Car le personnage de Nadia est « Une machine poétique sublime qui détraque tout ». Brillant !

Sarah Gastel Librairie Terre des livres (Lyon)

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